Le Tennis Pourcentage (TP), deuxième partie

«Rappelez-vous que dans les tournois de classe internationale, 70% de tous les points se terminent par des erreurs, dans le filet ou en-dehors des limites de jeu, et que 30% sont des points gagnants ou des aces.»(Bill Tilden). Bill Tilden est le grand champion des années 20. Dès cette époque des temps ancestraux du tennis, le tennis pourcentage existait déjà dans la tête des grands champions.

Comme on l’a vu dans la première partie, le tennis pourcentage ne consiste pas à prendre le moins de risques possibles mais plutôt à prendre les risques les plus «payant». Vous devez pouvoir mettre la pression sur votre adversaire sans commettre la faute. Vous devez le pousser à faire des erreurs sans vous-même faire trop d’erreurs.

Suivant votre style de jeu, votre façon de parvenir à ce résultat différera complètement. Par exemple, pour le joueur de fond de court, la pression se fera en neutralisant l’adversaire et en le déplaçant, tandis que le jouer de filet poussera la balle devant lui pour monter au filet et poussera ainsi son adversaire à tenter un grand coup (à haut risque donc) pour s’en sortir.

Vous l’avez compris: le TP consiste avant tout à jouer un jeu qui doit vous faire gagner dans la majorité des cas. Un peu comme dans les jeux aux casinos où les croupiers savent très bien d’après la loi des probabilités que leur gain va toujours dépasser celui des joueurs.

Diminuer votre quota d’erreurs non provoquées Le plus sur moyen d’améliorer votre efficacité au tennis est de diminuer le nombre de fautes que vous commettez. Regardons-y d’un peu plus près. La plupart des joueurs se concentrent sur leur capacité à faire des points gagnants et très peu se concentrent vraiment à diminuer leur quota d’erreurs non-provoquées. Avez-vous déjà essayé d’analyser ou de faire analyser un de vos matchs pour voir dans quelles conditions vous commettez le plus de fautes ? Non ? Alors il est grand temps de le faire. En analysant vos fautes vous allez pouvoir optimiser votre pourcentage de réussite. Il est plus important de noter vos double-fautes que vos aces. L’ace est un coup parfait: difficile d’améliorer ce qui est parfait !

Il existe grosso-modo quatre types d’erreurs:

Les erreurs forcées: l’adversaire vous pousse à la faute grâce à une bonne accélération.

Le cas typique est le retour de service: vous avez juste tenté de remettre la balle dans le terrain et vous n’avez pas pu. Par contre, si vous tentez un passing à raz de filet en bout de course, ça ne peut pas être compté comme une erreur forcée même si votre adversaire vient de vous déborder: vous aviez la possibilité de défendre par un lob et prendre ainsi moins de risques.

Diminuer ce type d’erreurs est plutôt difficile: le seul moyen est la prévention: vous empêchez autant que possible l’adversaire de se mettre dans une position favorable pour accélérer.

  1. Les coups ratés. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une erreur mais plutôt d’un coup qui amène votre adversaire dans une position favorable pour vous mettre en difficulté. Cas typique: vous venez de jouer une balle courte.
  2. Les erreurs non-forcées: vous faites une faute alors que la balle n’était pas particulièrement difficile et que vous n’avez pas tenté de coup particulier. C’est généralement par manque de concentration. Parfois aussi à cause d’une faiblesse technique (bien que ce cas précis pourrait être vu comme une erreur forcée si l’adversaire cherche sciemment à pilonner votre point faible).
  3. Pour diminuer les erreurs de types 2 et 3, il n’y a rien d’autre à faire que parfaire sa technique et sa concentration.

  4. Les accélérations ratées: vous tentez de déséquilibrer l’adversaire en frappant la balle et vous ratez votre coup. Probablement parce que vous avez pris un trop grand risque ou plus simplement parce que selon la loi des probabilités c’était à votre tour de rater.
  5. C’est ici que vous avez le plus de contrôle sur la diminution des erreurs. Soit vous ratez à cause du stress, soit vous ratez parce que vous avez été trop gourmand. Dans ce dernier cas, pensez à frapper un peu moins fort, à prendre un peu moins de risque pour rétablir un bon pourcentage de réussite.

Mettre la pression et forcer les erreurs de votre adversaire Évidemment le tennis pourcentage ne consiste pas seulement à éviter la faute mais aussi à provoquer la faute de votre adversaire, voire à vous mettre en position favorable pour terminer le point. Il faut que vous trouviez l’équilibre entre vos fautes et celles de votre adversaire: si vous jouez trop en sécurité, il se peut que vous donniez trop de possibilités à votre adversaire pour accélérer. Par contre si vos accélérations vous font commettre trop de fautes, il est temps de lever un peu le pied. L’exemple typique est au service: on peut remarquer souvent que le joueur de club tente des «grosses» premières balles qui passent rarement. Pour un ace réussi, dix double-fautes! Les accélérations que vous tentez doivent être sans risques ou avec le moins de risque possible. Dans l’échange, cela signifie que vous ne tentez des accélérations que si la balle est courte ou que la balle arrive sur votre point fort et que vous avez le temps de bien préparer votre coup. Une accélération permet de «préparer» le point: elle ne signifie pas que vous faites le point tout de suite. L’accélération jouée doit forcer votre adversaire à faire la faute ou à vous donner une balle facile à terminer. Un autre exemple d’«accélération» est la montée au filet sur balle courte. Si j’ai mis les guillemets c’est qu’il n’est pas nécessaire dans ce cas précis de faire un grand coup: juste placer la balle correctement, généralement profonde,   et mettre ainsi l’adversaire sous la pression de réussir un bon coup de défense ou de contre-attaque. Attention à la finition de votre point: beaucoup de joueurs se laissent aller en fin de point à tenter le coup définitif à bas pourcentage. Si votre accélération ne réussit pas à déstabiliser votre adversaire, remettez-vous en mode «haut pourcentage» en attendant la prochaine occasion favorable. Beaucoup de joueurs au contraire sont tentés d’augmenter le risque de leurs accélérations quand elles ne réussissent pas du premier coup. C’est évidemment la façon idéale de s’énerver et de perdre.

A noter !

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