LES RITUELS DE PREPARATION : connaissez-vous vos stratégies mentales?

Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence…

On a vu, dans les articles précédents, l’importance qu’il y a, pour un compétiteur, à être totalement concentré dans le moment présent afin d’atteindre l’inconscience compétente. Malgré toute sa bonne volonté, l’athlète le mieux entraîné, et le plus averti, trouvera sur sa route de nombreux pièges qui le pousseront à succomber aux sirènes du futur ou du passé. Les tentations sont nombreuses au cours d’un match. Soit vous menez, et il peut arriver que votre cerveau s’envole en projetant sur votre écran intérieur le film de vous-même évoluant dans un avenir radieux. Le match est gagné, vous serrez la main de votre adversaire, et déjà vous pensez à votre prochain match, votre prochain adversaire. Une petite voix compte les points empochés et sur l’écran minitel de la FFT vous regardez avec délice, satisfait, s’afficher votre futur classement. Vous vous sentez détendu, trop peut-être ?

HO HOOOO !!!! Il vous reste un set à disputer, le match n’est pas fini ! Sans rire, je connais des joueurs qui fonctionnent comme ça dès le premier point du match, voire pendant l’échauffement.

Soit, vous êtes mené et il peut arriver que votre cerveau s’envole tout aussi bien. Vous replongez dans votre passé pour vous souvenir que la dernière fois ça c’était passé de la même manière. Les images défilent. Déjà, vous aviez manqué singulièrement de chance. Vos balles sortaient de très peu et votre adversaire jouait les lignes de façon scandaleuse, sans parler de son mauvais esprit, toujours à vous suspecter de tricher, n’importe quoi? Enfin vous aviez perdu 2 et 2 mais vous auriez du gagner, il ne faisait pas un point.

HOU HOUUU !!!! Il vous reste un set à disputer, le match n’est pas fini !

Mais je vous connais, je suis sûr que ce n’est pas le cas de figure qui arrive le plus souvent. Car la plupart du temps lorsque vous êtes mené, vous jouez plutôt bien, du moins jusqu’au moment ou vous réussissez à remonter au score. Là, en général ça aurait tendance à se gâter. Je me trompe ? Vous vous demandez comment je le sais ? Je vous en dirai plus une autre fois, ça n’est pas le propos du jour. Soit le match est serré, et là, je ne réponds plus de rien quant au flux des pensées. Tout et n’importe quoi peut arriver.

Des images, des sons, et des sensations.

Notre cerveau est comme une machine sans interrupteur. Si vous ne lui donnez pas quelque chose à faire d’extrêmement précis, il va continuer à fonctionner sans cesse. S’il reste sans rien faire, il va se mettre à faire quelque chose. Et il sera d’autant plus actif s’il perçoit en vous l’importance des enjeux du match et tout le poids de vos contradictions internes. Certes, vous voulez le gagner ce match ! Mais en êtes-vous si sûr? Etes-vous totalement en accord avec vous-même sur l’attitude à adopter ou sur vos choix tactiques? Même en pleine nuit, alors que vous dormez profondément, votre cerveau peut vous réveiller pour vous rappeler la mauvaise journée de la veille, ou la bonne d’ailleurs, et cela vous empêchera de dormir. Par ailleurs, la plupart d’entres vous se sont déjà sentie mal pensant à quelque chose qui n’était pas encore arrivé. Pourquoi se priver? En général tout se passe comme vous l’avez souhaité, ça marche. J’ai rencontré des joueurs qui vomissaient avant les matches. J’ai vu des petits et des plus grands pleurer avant d’aller faire ce qui était censé n’être qu’un jeu et du plaisir à prendre. Etrange non ? Bref, être déçu ou mal dans sa peau nécessite un minimum de préparation. Vous pouvez vous faire confiance, nous sommes des experts en la matière, ça ne rate jamais. Cette capacité que nous avons à générer des états internes fonctionne aussi dans l’autre sens. Combien parmi nous ont été déçu après avoir vu un film abondamment vanté et raconté par des bonnes âmes bien attentionnées ? Vous vous en étiez fait une autre idée, non ? Et pas seulement une idée, tout un film, avec plein d’émotions, me trompais-je ?

Revenons à notre sujet du jour : Les rituels ou routines Comment faire pour empêcher votre cerveau de surfer sur les pistes savonneuses de votre imagerie mentale? Vous savez que le temps de jeu effectif dans un match de tennis est extrêmement court, (une vingtaine de minutes sur un match en cinq sets à Wimbledon et une cinquantaine à Roland Garros pour des matches durant entre deux et quatre heures. En d’autres termes, vous passez beaucoup plus de temps à ne pas jouer qu’à courir après la balle. Cela veut dire que les moments ou vous allez vous mettre à ” gamberger ” c’est à dire : créer des images mentales, des discours internes, et autres sensations générateurs d’émotions vont être plus que suffisants pour vous permettre de vous saborder ou vous stimuler sans même vous en rendre compte. En fait les matches se gagnent et se perdent pendant les temps de nonjeu.

Vous devez comprendre que la qualité de votre jeu va dépendre de la qualité des images, de la qualité de votre discours interne et externe, et aussi de la qualité des sensations, et attitudes corporelles produites au préalable. J’aimerais que vous cessiez de croire que la perpétuelle remise en cause analytique de votre technique gestuelle est votre unique planche de salut. Vous ne ratez pas un coup droit parce que votre coup droit est mauvais, vous le ratez parce ce que vous n’êtes pas dans les meilleures dispositions mentales et émotionnelles pour le réussir. Et quand bien même votre technique ne serait pas bonne, vous auriez plus de chance de jouer des bons coups si votre état interne était approprié.

Comment notre cerveau s’y prend-il pour se préparer et passer à l’action ?

Les stratégies mentales Un moyen efficace pour prévenir les films catastrophes et ” squeezer ” les émotions indésirables est de créer des routines ou rituels de préparations. En PNL nous appelons cela: Les stratégies mentales. Une stratégie est un processus le plus souvent inconscient mis en oeuvre par une personne pour passer d’un état présent à un état désiré. C’est une séquence automatique. Décodé cela donne quelque chose comme : Que ” vois-je ” ? ” Qu’entends-je ” ? Comment me ” parlais-je ” ? Que ” sens-je ” sans même en avoir conscience juste avant de passer à l’action ? Et comment cela va-t-il me motiver et me permettre d’agir dans les conditions optimales? Je sais, tout cela n’est pas très français, mais ça ” sonne ” bien (stratégie auditive.) Vous avez déjà un million de stratégies pour toutes les situations de vie quotidienne. Il est impossible de ne pas en avoir. Vous en avez pour vous lever le matin, pour vous laver les dents ou pour partir vous entraîner. Vous en avez aussi pour la plupart des moments de tennis. La seule question qui se pose est : Ces stratégies vous aident-elles à être performant?

Je ne pense pas, par exemple, qu’il faille s’arracher consciencieusement les sourcils comme le faisait Yvan Lendl avant de servir ou ne pas marcher sur les lignes comme Mac Enroe pour devenir numéro un mondial ? Par contre, s’intéresser de près aux routines de service d’un Pete Sampras ou des attitudes d’un Michael Chang au changement de coté pour les modéliser me semblerait de loin plus profitable. Sans doute, au moment ou vous lisez ces lignes êtes-vous déjà en train de vous dire : ” Tiens, c’est vrai, juste avant de servir, je fais toujours tel ou tel geste ou je me dis telle ou telle chose ” Mais patience, lisez ces lignes jusqu’au bout

Pour résumé, mon souhait est que vous appreniez :

  • 1° à découvrir ces stratégies
  • 2° à déterminer si ce sont des stratégies aidantes
  • 3° à les modifier, le cas échéant pour qu’elles le deviennent.
  • 4° à entamer un peu vos croyances sur ce qui ” est ” ou qui ” n’est pas ” important pour réussir à bien jouer au tennis
  • 5° à vous rendre performant.

Pour être constant, préparez-vous à jouer Si vous connaissez le golf, vous avez, sans doute, remarqué que 100% des joueurs de haut niveau répètent inlassablement les mêmes gestes avant d’effectuer leur coup. Si vous pensez qu’il s’agit d’un hasard, vous pouvez vous déconnecter des maintenant. Non, aucun hasard la-dedans, Ils accordent au contraire un soin tout particulier à la préparation du coup. Ce qu’ils appellent la routine est à leurs yeux aussi important à travailler que la mécanique de leur swing, et dieu sait qu’ils sont pointilleux dans ce domaine. Tous les bons joueurs de golf avec lesquels j’ai travaillé prétendent que la réussite de leur coup dépend à 80% de ce qui se passe avant. En étant très attentif au déroulement d’une compétition de golf, on peut aussi constater que les coups ratés sont souvent précédés d’un changement, fut-il minime, dans leur routine de préparation. Le moindre petit changement dans la stratégie de préparation entraîne parfois des conséquences désastreuses. Je vous parle de golf, mais j’aurais pu tout aussi bien vous parler des tireurs (toutes armes confondues), pas une flèche, pas une balle de fusil ne partent sans avoir été précédé d’un rituel de préparation. Tous ces gens savent très bien que seule une préparation minutieuse et répétitive permettra de résister aux pressions et aux challenges de la compétition. Ces routines ont beaucoup d’avantages : la première à mes yeux est de ramener le sportif à quelque chose de connu et sans surprise, donc de rassurant. Elle permet de reprendre contact avec le présent et de recadrer de façon inconsciente les objectifs du compétiteur avec des images claires et précises de ce qu’il veut atteindre.

A noter !

3 permanences sont à votre disposition pour vous inscrire ou vous ré-inscrire pour la saison tennistique 2017/2017 : tous les détails ci-contre !