Le coup droit, première partie: les prises.

Avec le revers, c’est un des coup fondamentaux du tennis. Et pourtant j’ai longtemps hésité avant de commencer à parler du coup droit. En fait, on devrait dire Les coups droits car il existe une multitude de façons (efficaces) de jouer ce coup. La plupart des livres que j’ai lu sur le coup droit m’ont parus peu convaincants et je ne suis pas sur de mieux faire: expliquer un mouvement en trois dimensions du corps avec seulement des mots relève de la gageure. Même les photos ou les vidéos induisent encore parfois plus en erreur. Ce qui importe dans un coup c’est ce qui se passe tout juste avant et tout juste après la frappe, or les photos négligent souvent cet aspect par manque de place et les vidéos, à moins d’avoir des ralentis avec des caméras à 100 images/secondes ou plus, ne permettent pas de bien voir ce qui se passe réellement à cet instant crucial. Bon assez philosophé, venons-en au fait de ce roi des courts qu’est le coup droit. Nous allons nous en tenir principalement au coup droit lifté ou plat, le coup droit coupé sera abordé une autre fois car il est fondamentalement différent.

Les prises Il existe 4 prises possibles en coup droit. Chaque prise a une implication particulière sur la position du poignet et le plan de frappe. Pour bien le comprendre, commençons par parler de la confusion que font beaucoup de joueurs concernant les prises: Il n’existe pas de prise «fermée»: la face de la raquette est toujours plus ou moins perpendiculaire au sol à la frappe quelque soit la prise.

Et ceci est aussi valable pour les revers d’ailleurs. Des études impliquant des caméras à haute vitesse ont pu le démontrer, mais en fait il n’est pas besoin de ces caméras. Regardez bien dans vos magazines ou livres de tennis préférés ces belles photos avec la balle dans la raquette: que voyez-vous ? La face de la raquette est-elle inclinée vers le sol ? Non, elle se tient toujours à la verticale et est seulement parfois légèrement inclinée (et ça quelque soit l’effet imprimé à la balle). (une confusion apportée par les termes eux-mêmes comme «topspin»)

Alors qu’est-ce qui fait réellement la différence entre les prises de coup droit ? Deux choses essentiellement: la position du poignet et le plan de frappe.

Faites cet exercice: tenez la raquette devant vous en position horizontale, d’abord en prise continentale. Maintenez la face de la raquette la plus verticale possible et positionnez votre bras le plus à droite possible sans forcer. Faites la même chose avec les prises eastern, western, puis western prononcée: que remarquez-vous ? à chaque fois que vous utilisez une prise plus «fermée», vous êtes obligé d’avancer la raquette vers la gauche pour être à l’aise en tenant la face de la raquette verticale. Ce qui mène au constat suivant:

  Plus vous utilisez une prise dite «fermée», plus vous êtes obligé de frapper la balle en avant de vous (ou sur la gauche) pour maintenir verticalement le tamis .

L’autre élément important du changement de prise est la position du poignet. La mobilité du poignet est limitée physiquement et suivant la prise la face de la raquette à un mouvement différent. Sur une prise continentale, le mouvement est horizontal (dans le sens de la frappe) alors qu’à l’extrême, sur une prise western prononcée, le mouvement est vertical, ce qui explique pourquoi cette prise semble être la plus efficace pour donner un effet lifté.

La zone de confort de frappe est aussi modifiée suivant la prise: plus la prise est fermée et plus la zone de confort est haute. Par exemple, la zone de confort sera au niveau des cuisses pour la prise continentale et presque au niveau des épaules pour la prise western prononcée.

Suivant ce que nous savons à présent des caractéristiques de chacune de prises de coup droit, nous pouvons établir une grille d’efficacité pour chacune d’elle.

  • Prise continentale: c’est une prise très rarement utilisée et c’est logique: le poignet ne peut pas être employé (il faut donc le garder fixe pendant le mouvement) et le plan de frappe a tendance à se situer trop en arrière, ce qui ne permet ni puissance ni contrôle. La seule fois où cette prise peut être utile est dans les situations extrêmes comme rattraper des balles en arrière du corps, etc.
  • Prise eastern: une prise assez versatile. C’est une prise intermédiaire appréciée par ceux qui préfèrent minimiser les changements de prise. Elle diminue les problèmes causés par la prise continentale sans bénéficier des avantages des prises western.
  • Prise western: sans doute la prise la plus naturelle en coup droit. Elle est employée par les majorité des joueurs professionnels non sans raison. Le poignet est dans une bonne position pour lifter et le plan de frappe se situe juste devant soi.
  • Prise western accentuée: une prise jugée extrême mais très populaire chez les très jeunes joueurs parce que le plan de frappe avancé donne de l’aisance pour frapper et lifter les balles hautes. On peut, contrairement à ce que beaucoup pensent, jouer des balles à plat avec cette prise, mais évidemment le mouvement est plus naturel en liftant. En préparation la face de la raquette est souvent complètement tournée vers le sol, ce qui laisserait à croire que la balle est brossée par le haut mais comme nous l’avons vu, il n’en est rien: le bras avance et la face de la raquette se retrouve naturellement à la verticale à la frappe. Conclusion: les prises les plus efficaces en coup droit sont les deux prises western.
A noter !

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